L'ESS c'est quoi ?
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ToggleDepuis le début du XIXe siècle, l’économie sociale regroupe trois familles « historiques » : Les mutuelles, les coopératives, les associations, auxquelles s’ajoutent les fondations et les entreprises solidaires d’utilité sociale (agréées) avec la loi ESS de 2014.
L’économie solidaire est un développement de l’économie sociale apparu à partir des années 1970-1980. Elle se traduit par des initiatives de développement local et dans le domaine social et médico-social (santé-handicap, lutte contre les exclusions, éducation, etc.). Elle met l’accent sur les engagements citoyens et met en avant les finalités : éthique, développement durable, biens communs et démocratie dans la vie des structures.
Vidéo sur les biens communs: http://www.cress-na.org/131417-2/L’économie sociale et solidaire intervient en général pour répondre à des besoins délaissés par les services publics et les entreprises privées ou qui sont satisfaits autrement (exemple des trocs et des ressourceries etc.). Elle cherche aussi à expérimenter de nouveaux « modèles » de fonctionnement de l’économie.
Exemples : système d’échange local (SEL), monnaie locale complémentaire, placement éthique, commerce équitable, service collectif de proximité etc.
L’économie sociale et solidaire place l’Homme et dorénavant le Vivant au cœur de ses projets, qu’ils soient d’économie marchande (production ou vente de biens et de services commerciaux), ou non-marchande (l’activité bénévole et les prestations offertes par les associations).
Ses organisations :
Elles ont pour objectifs communs :
Elles reposent sur un projet social qui s’exprime à travers leur activité, les personnes qu’elles emploient, leurs clients et bénéficiaires ou leur mode d’organisation.
La loi du 31 juillet 2014 énonce les principes, définit le périmètre (les 5 formes juridiques énoncées plus haut), fixe les règles s’appliquant aux institutions et entreprises du secteur social et solidaire de l’économie. Elle définit l’ESS comme un mode d’entreprendre et un mode de développement économique particulier dont les trois conditions sont :
Le respect de ces trois conditions permet de réunir des entreprises aux statuts juridiques hétérogènes dont la finalité, le mode d’organisation ou le fonctionnement se différencient de l’entreprise classique. Ces conditions sont les conditions minimales d’application pour faire partie de l’ESS.
En savoir plus : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000029313296
Les coopératives sont des sociétés de droit commercial (sociétés à responsabilité limitée – SARL, les sociétés anonymes – SA ou les sociétés par actions simplifiées – SAS) qui appartiennent au champ de l’économie sociale et solidaire.
Leur statut de coopérative obéit à des règles spécifiques fixées par la loi. Les coopératives, toutes catégories confondues, reposent sur le socle juridique commun de la loi de 1947.
Il existe deux formes de coopératives :
Nous pouvons distinguer quatre familles de coopératives, selon la nature de leurs sociétaires-coopérateurs. (des personnes physiques et/ou morales).
Les coopératives peuvent associer :
Les coopératives peuvent verser leurs excédents à leurs membres (les sociétaires), dans des conditions et limites définies par les lois spécifiques à chaque famille de coopératives.
Quelques exemples de coopératives : les Caisses d’épargne, Chèque-déjeuner, le réseau Biocoop, le Théâtre du soleil, le magazine Alternatives économiques, ou encore Alma, numéro un mondial de logiciels de découpe automatisée, etc.
Les associations sont régies par la loi de 1901. Environ 45% de la population française est adhérente d’une association. Immense tissu social, culturel et économique, les associations interviennent dans des champs aussi divers que l’éducation, le médico-social, la religion, les sports, la culture, les loisirs, le commerce, etc. Elles peuvent employer des salariés, mais sont à but non lucratif. « But non lucratif » signifie que, en cas de recettes commerciales avec bénéfices, une association ne peut avoir pour but de partager ses bénéfices.
Quelques chiffres :
On dénombre 22 millions de bénévoles œuvrant dans 1,5 million d’associations en France, dont plus de 10% sont des associations employeuses; celles-ci emploient environ 2 millions de salariés, dont plus de 1 million dans la santé et auprès des publics fragiles.
Recherche et Solidarité, La France associative en mouvement – 2019, octobre 2020 – Disponible sur https://recherches-solidarites.org
Ainsi, des associations de plus en plus nombreuses ont pris en compte une évolution nécessaire, et se sont constituées au cours des dernières décennies pour intervenir dans le domaine médico-social, celui de l’aide et des soins à la personne. Elles se développent aussi maintenant dans l’économie solidaire et le commerce équitable.

Elles se répartissent en deux grandes catégories : les mutuelles de santé et de prévoyance, d’une part, qui dépendent du Code de la mutualité, et d’autre part les mutuelles dites d’assurance qui assurent les autres risques et dépendent du Code des Assurances, comme toutes les sociétés d’assurances.
Les mutuelles relevant de l’économie sociale et solidaire assurent plus de 44 millions de personnes en France.
Les mutuelles de santé sont régies par le « code de la mutualité », alors que les Assurances Mutuelles dépendent juridiquement du « code des assurances” Les mutuelles peuvent se regrouper entre elles de plusieurs manières, et avec des institutions de prévoyance ou les assurances.
Une fondation est l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident l’affectation de biens, droits ou ressources à la réalisation d’une œuvre d’intérêt général et à but non lucratif. Dans « fondation », il y a « fonds ». Une fondation, quel que soit son type, quels que soient ses objectifs, signifie de l’argent privé mis à disposition d’une cause publique.
Les objectifs peuvent être réalisés, soit directement par la fondation, soit par des particuliers ou des associations. Les fondations agissent dans toutes sortes de domaines, entreprises, scientifique, culturel, sanitaire, universitaire… quelques exemples : la fondation Jacques Chirac, la fondation du Patrimoine, la fondation Terre de liens…
Ces sociétés commerciales d’utilité sociale n’appartiennent pas stricto sensu à l’économie sociale, mais poursuivent une finalité sociale à travers leur activité marchande et concurrentielle, comme par exemple Solutions Alternatives et Solidaires en Limousin agréée «Entreprise solidaire» par la Préfecture de la Creuse.
La loi ESS vise les sociétés commerciales enregistrées sous l’appellation d’entreprise de l’économie sociale et solidaire, sociétés (Sarl, SAS, SA) qui ont inscrit dans leur statuts le respect des conditions et des buts de l’économie sociale et solidaire, tels que le prévoit la loi de 2014.
Ces entreprises commerciales solidaires doivent poursuivre une utilité sociale, caractérisée par :
Ce qui leur confère la qualité d’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (agrément ESUS)
Une économie du quotidien pour tous les Français :
Source l’Observatoire National de l’ESS – CNCRES [2018 et 2022]
Pour aller plus loin : les chiffres de la Nouvelle Aquitaine.
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