Bâtir, habiter autrement
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ToggleL’esprit philanthropique a conduit à la réalisation des tout premiers logements sociaux, comme par exemple la Fuggerei d’Augsbourg, en Allemagne, fondée en 1521 par le banquier Jakob Fugger. Elle constitue la plus ancienne cité sociale au monde.
Œuvre de pensée catholique, son credo était “d’aider les pauvres à s’aider eux-mêmes”.
Cet esprit d’entraide et de solidarité, antérieur à la naissance de l’ESS, n’en constitue pas moins les prémices.
Au XIXème siècle, avec la révolution industrielle, l’exode rural fait croître la population urbaine de 50% entre 1875 et 1914. Pour une grande partie de la population, les conditions d’habitat sont misérables, insalubres et la tuberculose fait des ravages.
En mars 1851, Victor Hugo décrivait devant les députés les conditions épouvantables dans lesquelles vivent certaines familles de Lille
« Figurez-vous ces cours (…) pleines de miasmes stagnants, encombrées d’immondices, les fosses d’aisance à côté des puits ! Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines. Quelquefois jusqu’à dix familles dans une masure, jusqu’à dix personnes dans une chambre, (…) des galetas où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d’air pour respirer ! »
Limoges, dont la population augmente d’un tiers dans les premières décennies du 19ème siècle, n’échappe pas à ce mal logement qui touche un Français sur quatre.
En témoigne cette description de Paul Ducourtieux, historien local à la fin du XIXe siècle
“ Ce qui frappe à Limoges, malgré les améliorations obtenues (…), c’est la pauvreté et la malpropreté de certains quartiers. En dépit des arrêtés municipaux concernant la voirie, le cœur se soulève de dégoût lorsque l’on traverse les quartiers Viraclaud, du Raja, du Masgoulet et de la Boucherie. Les maisons en bois de ces quartiers sont généralement d’une hauteur démesurée et sans proportion avec la largeur des rues ; les allées sont sombres et fétides ; les escaliers étroits cèdent sous les pieds ; les carrés sont encombrés d’immondices, les chambres mal aérées, les murailles nues ou recouvertes d’un vieux papier qui sert de refuge à des myriades d’insectes.”
Les conditions de vie déplorables des ouvriers au 19ème siècle alertent humanistes, médecins et hommes politiques. Le courant hygiéniste préconise des logements plus vastes, dotés d’un certain confort et sans la promiscuité qui engendre maladie et désordre moral. Les toutes premières cités ouvrières dotées de confort naissent alors à l’initiative de patrons sociaux ou de philanthropes. Quelques-uns se consacrent à la question sociale, tel Jean Baptiste Godin qui destine entièrement son œuvre d’industriel à l’économie sociale (le Familistère) ou l’ingénieur Frédéric Le Play qui en est un des théoriciens.
La pensée socialiste utopique imprègne les œuvres de certains patrons sociaux qui conçoivent même une cité « idéale ». Ainsi, le célèbre fabricant de poêles Jean-Baptiste André Godin va concrétiser avec son Familistère une expérience associative industrielle inédite, directement issue de l’utopie phalanstérienne de Charles Fourier. Sur le même modèle que Owen à New Lanark, il construisit à Guise (Aisne), en 1860, un véritable « Palais Social » composé d’immenses bâtisses abritant des logements confortables, dotés de commodités et d’espaces communs (crèche, école, blanchisserie, coopérative, piscine, théâtre…).
Toujours habité par cinq familles, le Familistère est aujourd’hui un musée.
Pour en savoir plus : Le Familistère de Guise
Les Aciéries d’Ugine, fondées en 1903 par le suisse Paul Girod, patron inspiré par l’action des chrétiens sociaux, disposent aussi, en 1910, d’un phalanstère, vaste construction de logements collectifs destinés à accueillir une population très diverse.
En réalité, seule une infime partie des ouvriers (souvent l’élite) loge en cités ouvrières qui n’existent que dans les plus gros centres industriels (Nord et Est de la France principalement). La majorité de la classe laborieuse continue de s’entasser dans des taudis surpeuplés, à la merci de propriétaires peu scrupuleux et sous la menace de l’expulsion. L’État commence alors à prendre conscience de son rôle pour résoudre le problème du mal logement.
Mais en matière de logement ouvrier, le patronat social atteint vite ses limites. La majorité de la classe laborieuse continue de s’entasser dans des taudis surpeuplés, à la merci de propriétaires peu scrupuleux et sous la menace de l’expulsion. Favoriser les initiatives pour améliorer le logement commence à devenir une préoccupation politique.
Les premières coopératives d’habitat social apparaissent sous le second Empire. Sous l’impulsion de Napoléon III qui souhaite que les ouvriers accèdent à la propriété pour limiter notamment les risques de troubles sociaux, est créée en 1867 la Société Coopérative Immobilière des Ouvriers de Paris. Elle peut être considérée comme la première coopérative d’habitation. De leur côté, les syndicats ouvriers fondent les premières coopératives d’habitation, comme la “Foncière de Reims” ou ‘Le coin du Feu” à Saint Denis.
À la suite du Congrès international de l’habitation ouvrière organisé dans le cadre de l’Exposition universelle de 1889, le député-maire du Havre, Jules Siegfried, fonde la Société française des Habitations à Bon Marché (HBM), œuvrant ainsi pour la création d’un parc de logements décents. Les lois des 30 novembre 1894 et du 31 mars 1896 font partie du dispositif.
Régies par les mêmes règles de fonctionnement que les coopératives de consommation ou de production, différentes sociétés coopératives d’HBM voient le jour à la fin du 19ième siècle avec des réalisations emblématiques comme l’immeuble des Dames de Postes à Paris ou la « Campagne à Paris ».
En 1908, 50 sociétés fondent la Fédération Nationale des Sociétés Coopératives d’Habitation à Bon Marché (FNSCHBM). En 1933, on comptera 547 sociétés coopératives. La loi du 21 juillet 1950 transforme les HBM en HLM. En un siècle, les COOP’HLM auront construit 400 000 logements. Parmi eux, “la Maison Radieuse” de Nantes (Rezé) en 1955, sous la direction de l’architecte Le Corbusier.
La Société anonyme coopérative à personnel et capital variables d’habitations à bon marché, «La Campagne à Paris», fondée en 1907 à l’initiative du Pasteur Sully Lombard, fait construire, entre 1908 et 1926, 92 pavillons destinés à une population aux revenus modestes. Des petites maisons fleuries, de beaux portails, des ruelles paisibles, un havre de paix et une petite «campagne à Paris», près de la porte de Bagnolet.
La première coopérative d’habitation à Limoges est créée en 1901 par le célèbre patron porcelainier Charles Edouard Haviland qui déclarait : « Substituez au propriétaire une société coopérative de construction d’habitations à bon marché qui ne cherche à faire ni une spéculation ni une œuvre de charité, mais une œuvre de solidarité sociale ». Soucieux notamment d’éloigner ses ouvriers des bistrots en leur procurant un logement décent, le patron fonde en 1901 “le Foyer Limousin”, société anonyme coopérative d’habitations à bon marché à capital variable. La société propose la construction de petites maisons avec cour et jardin (coût en 1906 de 6000F terrain compris), à l’usage d’une seule famille qui pourra en devenir propriétaire en une vingtaine d’années et la construction de grandes maisons comprenant plusieurs logements locatifs uniquement.
Dirigée par un conseil de neuf personnes parmi lesquelles d’autres industriels de la région, la société coopérative aura construit, en 1913, 43 maisons. “Ce sont des maisons de type chalet avec pavillon, composé d’un premier étage élevé sur cave et rez de chaussée”. La coopérative fonctionnera jusqu’en 1927.
Les maisons sont construites dans différentes rues de la ville, à proximité des usines de porcelaine, dans les faubourgs nord de la ville, quartier Emile Labussière et de Louyat . On en trouve notamment rue Molière, rue Boileau, rue des Tuillières, rue Jean Dorat, rue Bossuet, rue des Boers et rue du Transvaal.
Le 31 décembre 1907, à l’initiative du préfet Charles Lallemand et de François-Alexandre Vedrenne, menuisier à Limoges, la Société l’Étoile de Limoges « société anonyme coopérative à capital variable de logements populaires, hygiéniques et économiques » voit le jour. Son but : procurer un logement à des personnes peu fortunées ne pouvant pas accéder à la propriété. Les loyers sont en rapport avec leurs ressources et l’Étoile avait aussi mis en place un dispositif de sécurisation des loyers pour protéger les chômeurs, les veuves et les orphelins.
L’immeuble « Montyon » est situé faubourg Montjovis, dans un quartier ouvrier. Il comporte deux ailes de 4 niveaux reliées par une tourelle centrale. Ce bâtiment est associé à un établissement de bains à douches situé à l’arrière. Terminé en 1909, il est immédiatement occupé par 16 ménages tirés au sort qui avaient préalablement souscrit au moins une action de 25 Francs. Deux autres immeubles seront construits : en 1913, les Marronniers – quartier de l’Étoile de Fontaury, et en 1933 Puy Lannaud – quartier du Sablard.
François-Alexandre Vedrenne
Correspondance
1914
«L’immeuble est pourvu de l’éclairage électrique. La poubelle installée est fort appréciée. Un lavoir et un étendoir sont à la disposition des locataires. Des jardins, une cour permettent à l’air et la lumière de pénétrer à foison dans les logements, à l’abri des promiscuités dangereuses de la rue. Une salle collective est à la disposition des locataires, tout en servant aux réunions du Conseil d’administration. Un concierge est chargé de la surveillance générale de l’immeuble, ainsi que des travaux de propreté. Chaque logement comprend son WC, un poste d’eau, un évier, cave, grenier, jardinet ; l’immeuble est alimenté en eau potable par la ville ; le tout à l’égout et la chasse d’eau sont installés».
La loi Bonneval de 1912 autorise les communes à faciliter la réalisation d’habitations collectives à bon marché sous forme locative, permettant ainsi la création d’Offices Publics d’Habitations à Bon Marché. Ainsi, à Limoges, la gestion de ces HBM (Habitations à Bon Marché) sera confiée en 1920 à l’Office d’Habitations à Bon Marché de la ville (future OPHLM), organisme qui sera, sous l’impulsion du maire Léon Betoulle et de son adjoint Victor Thuillat, à l’origine de la construction de la cité des Coutures et de la cité jardin de Beaublanc, début de nombreuses autres réalisations de logements sociaux. Le logement social géré par des collectivités locales , en tant que domaine et propriété publique, ne fait pas partie de l’Économie Sociale et Solidaire.
Né le 21 juillet 1874, il est un des pionniers du logement social. Tout en exerçant son métier d’assureur, il s’investit dans les œuvres d’assistance, de prévoyance, de solidarité à Limoges. Il préside la société coopérative « l’Étoile », qui édifie les premiers logements sociaux de la ville.. On lui doit aussi la création, en 1919, de la Banque Coopérative du Centre, devenue en 1937 la Banque Populaire du Centre.
A Saint-Junien, c’est la coopérative de consommation, l’Union Syndicale Ouvrière, dans la continuité et la volonté d’améliorer la condition ouvrière, qui prend en charge le problème du logement. L’USO va utiliser les étages de ses magasins coopératifs au profit de ses sociétaires, puis l’ensemble de son patrimoine immobilier sera cédé ensuite à la ville, puis à l’OPHLM après la fusion avec la coopérative régionale de Saintes.
Les logements des succursales des rues Lucien Dumas, Lamartine, Guisier du faubourg Gaillard, ainsi que le siège social (ancienne place de la bascule) sont aujourd’hui des logements sociaux. Il en est de même pour la boulangerie coopérative, un ancien hôtel, et même une caserne militaire réhabilitée en HBM sous l’impulsion de Joseph Lasvergnas dès sa première mandature.
Les années 20 voient éclore un nouveau style de logement social : les cités-jardins. Construites par des Offices Publics, des sociétés d’HBM, parfois coopératives, ou des entreprises pour loger leurs salariés, elles se multiplient dans la proche banlieue parisienne et les grandes villes. Composées au départ de pavillons individuels, elles évoluent ensuite vers un habitat plus collectif. Les plus importantes regroupent école, bains douches, commerces, etc …
Paris-Jardins constitue une cité coopérative des plus emblématiques. Le 30 août 1911 la société anonyme Paris-Jardins, fondée en avril 1909, fait l’acquisition du château et du parc de Draveil. Ses membres sont employés de commerce, comme son président, Albert Mayer, déjà coopérateur à “La Bellevilloise” et artisans parisiens. Domiciliés dans les quartiers est de Paris, les sociétaires (près de 300 en 1911) souhaitent créer une cité-jardin inspirée à la fois du modèle anglais et de l’idéal coopératif. Coopérative d’épargne et d’habitation, Paris-Jardins (première cité-jardin française) a pour objectif de faire accéder ses adhérents à la propriété familiale dans un milieu « sain et agréable », tout en refusant le recours aux « intermédiaires » et en s’interdisant toute forme de spéculation. La réalisation du plan d’ensemble du lotissement est confiée à l’un des sociétaires, Jean Walter.
Des transformations radicales (volumes, décors et matériaux) se produisent dans les années 1970. La cité perd en 1972 sa qualification de société d’HBM mais compte aujourd’hui 322 maisons et est toujours gérée par une coopérative qui aura su résister pendant plus d’un siècle à l’appétit des promoteurs immobiliers.
Directement liés au développement du logement social, les bains-douches sont emblématiques de l’hygiène dans les milieux populaires. Avant leur construction, n’existaient pour les plus défavorisés que les bains de rivière et, pour les plus aisés, les bains privés. Les philanthropes ou sociétés de bienfaisance vont initier les premiers bains-douches publics. Ainsi ceux de Bordeaux, créés en 1892 par un patron social, Charles Cazalet, sur le modèle de ceux inventés un peu plus tôt pour le milieu carcéral.
La loi Strauss de 1906, en octroyant des facilités d’emprunts aux organismes désireux de construire des bains-douches, va contribuer à leur développement. Ainsi, en 1912, la société coopérative d’HBM, l’Étoile de Limoges, décide la construction dans des quartiers populaires de deux bains-douches qui ouvrent un an plus tard (Montjovis et Les Marronniers).
L’immeuble d’habitation Les Marronniers, quartier de Fontaury, dispose de six cabines de douche. Un petit local, adossé au pignon de l’immeuble, abrite la chaudière et arbore l’inscription « Bains-Douches Populaires ». Avec un prix public de vingt centimes, le succès est au rendez-vous : dès l’ouverture, en trois mois, plus de mille personnes fréquentent l’établissement.
Les sociétés d’HBM gérées par les collectivités construiront plus tard des bains-douches (et aussi des lavoirs) dans les cités, comme dans celles des Coutures ou de Beaublanc.
D’autres bains-douches sont créés par les municipalités, comme l’établissement de Tulle au pont de la Barrière, les mouvements coopératifs, comme l’Union de Limoges en 1927, rue du Mas Loubier et les Caisses d’Epargne, comme à Bourganeuf ou à Guéret.
Au début des années 20, Gëorgia Knap (1866-1946), inventeur aux multiples facettes, plus connu pour ses théories sur le rajeunissement, soucieux d’améliorer le logement ouvrier, met au point un système de construction de maison individuelle à partir de moulages en béton. Déjà créateur d’une coopérative de construction de bicyclettes destinées à ses membres et inventeur en 1908 de la « maison électrique », il crée ce qu’il appelle une « Œuvre Philanthropique de Relèvement Social par la Possession du Foyer Familial » dénommée le « Cottage Social ». Les maisons sont construites par des groupements d’auto-construction, les Sociétés Coopératives du Cottage Social composées d’au moins 13 ouvriers désireux de construire, sur leur temps libre, leurs propres foyers et, en général, issus de métiers sans lien avec le bâtiment. Grâce à son moule géant, une maison est montée en 5 dimanches. Dès qu’une maison est construite, les « cottagistes » trouvent à la Caisse d’Épargne les fonds nécessaires pour en construire une autre, cette dernière prenant hypothèque sur toutes les maisons construites.
Malgré l’hostilité de certains maires, entrepreneurs et hommes politiques, entre 1921 et 1935, environ un millier de pavillons seront construits par 26 groupes du Cottage Social : à Troyes, où des cottages sont toujours visibles, Sens, Villeurbanne (70 maisons), Auxerre (50 maisons de 6 pièces), Orléans-Les Aubrais, Lorient, Dax, Saint-Etienne, Nevers…
Reprenant le concept du Cottage Social de Gëorgia Knap, le Mouvement des « Castors », est apparu en Suède en 1927. Avec le développement de l’habitat individuel, il va générer dans la France des années 1950 un mouvement d’autoconstruction avec la création de groupements d’achat en commun des terrains et des matériaux. Les Castors n’ont pas le capital nécessaire pour financer leur projet immobilier. Pour pallier ce manque, ils remplacent l’apport financier par un “apport travail” (autoconstruction) qu’ils effectuent sur leur temps de loisir (dimanches et congés payés).
Le maître mot : « Nous ne bâtirons pas chacun notre maison mais nous bâtirons ensemble notre cité ».
Les pionniers sont d’abord bayonnais, puis, en 1948, débutera à Pessac un important chantier organisé par les membres du Comité ouvrier du logement de Bordeaux, suivi par de nombreuses villes. À Limoges, la ville ne sera pas en reste avec, entre autres, les Castors du quartier du Champ-Dorat, ou ceux de Panazol (favorisés par l’entreprise Legrand).
Aujourd’hui, les Castors animent des chantiers participatifs dans la rénovation ou la réhabilitation.
A Limoges, Claude Cuzol, ancien « Castor », crée la société coopérative Baticoop pour permettre à des familles sans logement d’accéder à la propriété dans de bonnes conditions sur la butte du Vigenal. Ce nouveau quartier se développe rapidement dans les années 1960-70 en lien avec la communauté paroissiale des «Saints Anges», conduite par le chanoine Pény. De nombreuses activités sont proposées : cinéma dans la salle du Faubourgien, théâtre, sports…etc.
À Tulle, à la même époque, sous l’impulsion d’Henri Bouix, technicien de la manufacture d’armes et animateur de la section tulliste de la coopérative Baticoop, 160 maisons économiques et familiales seront construites dans ce qui deviendra la cité Bellevue. Elles bénéficieront principalement aux ouvriers de la manufacture, les «nez noirs».
Dans les deux cas, chaque maison dispose de son petit jardin potager et une épicerie coopérative est implantée dans le quartier.
Saint-Junien ne pouvait pas passer à côté de ce mouvement d’habitations solidaires ; à partir de 1957, plusieurs groupes d’habitations voient le jour. Le premier fut celui de la cité l’Escholier composé de 7 pavillons mitoyens et de 7 maisons individuelles suivi de 16 autres sur le même site alors que 22 logements avaient été prévus initialement. Dans le quartier de Chantemerle, une vingtaine de maisons sont construites à proximité du nouveau groupe scolaire ouvert en 1957 contre l’avis (spécificité saint-juniaude) de l’Éducation Nationale.
Sortir de l’exclusion, mélanger les générations, partager un mode vie, recycler les bâtiments insalubres, il est possible d’innover sans attendre d’autorisation officielle.
Faire découvrir la vie de château de Frédéric Le Play, à Ligoure, ou vivre dans des logements sur mesure, autonomes, sans fondations, économes en énergie, bioclimatiques, à faible impact sur l’environnement, simples et confortables, telle est la définition de l’Habitat Non Ordinaire (HNO).
La Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) L’Arban contribue au développement de la Montagne limousine. Elle réhabilite ou crée des logements locatifs. Elle étudie des projets d’urbanisme ( habitat groupé et coopératif, …), pratique les techniques de l’éco-habitat et mène des projets de rénovation d’habitat.
Il est la résultante de plusieurs facteurs, qui peuvent s’additionner selon les besoins et les attentes des demandeurs. Il intéresse des personnes qui ne peuvent pas accéder à un logement en raison du coût des loyers ou qui cherchent à mutualiser les charges, un peu plus de confort, comme une chambre supplémentaire, un jardin ou encore le partage d’appareils ménagers. D’autres sont à la recherche de convivialité pour vaincre l’isolement ou se rapprocher de personnes de confiance.
La forme juridique la plus adaptée pour ce type de logement est la coopérative, qui permet une gestion démocratique de la construction ou l’acquisition du bien. La démarche implique une sérieuse réflexion avant de lancer le projet. Celui-ci peut être soutenu par les collectivités territoriales et même bénéficier de financements spécifiques comme le projet en cours à Ambazac (Haute-Vienne), le Hameau des part’âge également soutenu par le mouvement Colibris.
Géré par l’association “La Cardinale”, le projet prévoit de loger neuf familles et la construction d’une épicerie participative. Un jardin en permaculture existe déjà.
Pour en savoir plus sur la fabrique à projets des Colibris : https://www.colibris-lemouvement.org/
Autre exemple avec la maison bigénérationnelle fondée par la mutualité française boulevard de la Cité à Limoges. Située dans l’hyper-centre de Limoges, la Maison bi-générationnelle A.I.M.E.R.© (Aînés, Infirmiers, Médecins, Etudiants, Résidence) est destinée à faire cohabiter sous le même toit des personnes âgées en début de dépendance et/ou de maladie cognitive, souhaitant bénéficier d’un cadre de vie sécurisant et convivial, et des étudiants, notamment en professions de santé.
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