S'assurer, se protéger mutuellement

2 siècles d’économie sociale et solidaire

Sommaire

L’essor du mutualisme au XIX ème siècle

Les premières formes de mutualité se traduisent par des caisses de secours créées par les artisans et marchands des corporations et confréries dès le Moyen-Âge. À Perpignan, les ouvriers cordonniers ont fondé leur société de secours dès 1326. Ces caisses inspirées par l’esprit de charité, pourvoient à l’éducation des orphelins ou à l’entretien des vieillards de leurs communautés respectives. Lorsque l’influence du clergé faiblira, on passera de l’assistance charitable aux secours mutuels (entraide) et à l’assurance solidaire qui s’intéressera alors à la prévoyance.

Des premières Sociétés de Secours Mutuel aux Mutuelles spécialisées

À partir de la Révolution, « l’associationnisme » se développe en réponse à la loi Le Chapelier du 14 juin 1791. Qualifiée de « loi terrible », elle supprime les « corps intermédiaires » entre l’État et le citoyen. Ces associations qui ne sont pas légales peuvent être tolérées pour certaines. Beaucoup resteront clandestines jusqu’à la révolution démocratique de 1848 qui posera la question sociale du droit du travail”.

Au début de leur histoire, les risques couverts par les Sociétés de Secours Mutuels au bénéfice des adhérents (sociétaires) étaient multiples et divers. Dans le monde ouvrier notamment, les cotisations couvraient non seulement des frais médicaux ou des pertes de revenu en cas de chômage, mais elles faisaient éventuellement office de caisse de grève.

Vers le milieu du XIXe siècle, beaucoup de ces sociétés de secours et d’entraide se consacrent à la résistance ouvrière et à la défense des intérêts professionnels, tels les chapeliers-fouleurs de Paris en 1817 ou les Mutuellistes de Lyon, dont le mouvement aboutit aux insurrections de 1831 et 1834 (des Canuts).

À Limoges, l’Association mutualiste des peintres sur porcelaine, créée en 1829, sera vite suivie de beaucoup d’autres.  Leur but était de lutter contre la précarité des conditions de vie du monde ouvrier citadin en répondant à leurs besoins souvent vitaux de protection, de prévoyance et de défense collectives.

En 1848, dès son avènement, la IIe République légalise la liberté d’association et d’expression. Le 15 juillet 1850, une loi reconnaît les sociétés de secours mutuels comme établissements d’utilité publique, à la condition de ne pas inscrire dans leurs statuts des secours en cas de chômage, mesure prise pour ne pas favoriser les grèves.

En décembre 1851, avec son coup d’État, Louis Napoléon Bonaparte abroge la loi sur la liberté d’association. Mais conscient de l’utilité des Sociétés de Secours Mutuels (SSM), il promulgue le décret du 26 mars 1852, un pas décisif dans l’histoire de ces sociétés. Cette loi encourage la fondation de SSM dans chaque localité en accordant des subventions de l’Etat. Mais elle les place sous le contrôle de l’administration et sous la tutelle des notables. Ces associations de prévoyance, en échange d’une modeste cotisation, assurent à leurs membres des prestations en cas de maladie ou d’accident (indemnités journalières, remboursements médicaux…).

Au 31 décembre 1852, avec l’arrivée du Second Empire, on comptait 2438 Sociétés de Secours Mutuels regroupant 263 554 membres. Mais les caisses de secours aux grévistes des SSM sont interdites, les grèves tombant sous le coup du code pénal (1810). Les coalitions sont sévèrement réprimées jusqu’à la loi Ollivier de 1864 qui ouvre à la possibilité du droit de grève. En 1867, la loi sur les sociétés à personnels et capital variables permet le développement des mutuelles d’assurance (pour les  biens).

Les Sociétés de Secours Mutuels apparaissent en Haute-Vienne dès le début du XIXème siècle (La Bienfaitrice 1859), et se caractérisent par leur diversité, qu’elles s’adressent à des professions spécifiques (l’Avenir pour les peintres céramistes 1906), aux femmes (l’Abeille limousine 1906) et même à des situations particulières (Le Berceau dédié aux “services de la maternité » 1911).

Des fêtes, destinées à renforcer la cohésion du groupe et à susciter de nouvelles adhésions, sont organisées par les sociétés, souvent à l’occasion de dates d’anniversaires.

Des Sociétés de Secours Mutuels locales regroupant toutes les professions sont créées au sein des villes. Il y en a 16 en Haute-Vienne en 1909 (Société de secours mutuels de Chalus, de Châteauponsac,…).

En Haute-Vienne, en 1909, on dénombre 51 Sociétés de Secours Mutuels d’hommes, 11 de femmes et 7 mixtes. Elles sont ouvertes soit aux ouvriers d’un même corps de métier (typographes et relieurs, ouvriers du bâtiment,..), soit à toutes les professions. Dans ce cas, leurs nom est générique (La  Bienfaisance, l’Universelle…).

Les syndicats professionnels se détachent des SSM

 Dans les années 1860-1870, avec la reconnaissance du droit de grève, les sociétés de secours spécialisées dans la défense des intérêts professionnels prennent le nom de chambres syndicales. La loi Waldeck-Rousseau sur les associations professionnelles les légalise en 1884, permettant notamment la fondation de la CGT à Limoges en 1895.

Affiche de convocation du Congrès national des Chambres syndicales et autres organisations ouvrières qui s’est tenu à Limoges en septembre 1895 et qui s’est conclu par la création de la Confédération Générale du Travail (unification des syndicats ouvriers au niveau national).

Les Unions de sociétés de secours mutuels (fin du XIXème siècle)

Comme dans de nombreux départements, en Haute Vienne, les sociétés de secours mutuels profitent de la loi Waldeck-Rousseau (1884) pour créer en 1888 un syndicat départemental des SSM qui se transformera quelques années plus tard en Union Départementale (voir la Charte de la Mutualité, ci-après)

Procès-Verbal de Création de l’Union Départementale (syndicat départemental) des sociétés mutualistes de la Haute-Vienne (1888)
Premier numéro du journal de l’Union des sociétés de secours mutuel de Limoges et de la Haute Vienne(1899)

La solidarité comme action pédagogique : les sociétés scolaires de secours mutuels

Enfin, on trouve début XXème siècle des sociétés scolaires de secours mutuels (une quinzaine en Haute-Vienne en 1909). Ces sociétés, créées d’abord à Paris sous l’impulsion de Jean Cyrille Cavé et soutenues ensuite par la Ligue de l’Enseignement, permettent aux plus jeunes de disposer d’un livret de retraite et d’être sensibilisés dès le plus jeune âge aux valeurs mutualistes et aux principes de la solidarité.

Les Mutuelles santé-sociales au XXème siècle : de la Charte de la Mutualité à la Sécurité sociale

La Charte de la Mutualité (loi du 1er avril 1898)

La loi du 1er avril 1898, qui définit les principes de la mutualité française et garantit aux mutuelles leurs libertés, précise dans son article 1er : « Les Sociétés de Secours Mutuels sont des associations de prévoyance qui se proposent d’atteindre un ou plusieurs buts : assurer à leurs membres participants et à leurs familles des secours en cas de maladie, blessures ou infirmités, leur constituer des pensions de retraite, contracter à leur profit des assurances individuelles et collectives en cas de vie, de décès ou d’accidents ». Elle officialise la création d’unions et d’œuvres à caractère sanitaire et social comme les dispensaires, les établissements médico-chirurgicaux ou les pharmacies.

Tableau du début du XXème représentant les risques couverts par les mutuelles aux différentes étapes de la vie (Musée de la Mutualité, Angoulême)

Les avatars de la Mutualité : les accidents du travail

Martin Nadaud et la loi sur les accidents du travail

Le Limousin a fourni au cours des siècles des milliers de paysans-maçons bâtisseurs de nos métropoles (notamment le Paris haussmannien). Martin Nadaud (1815-1898), le plus illustre d’entre eux, s’engagea dans le combat contre les accidents du travail. En 1880, le député creusois en blouse (nous dirions aujourd’hui en bleu de travail) dépose une proposition de loi sur les accidents établissant la présomption de responsabilité à la charge de l’employeur. Celle-ci est reconnue par l’Assemblée en … 1898, retirant par là même cette charge aux SSM. En 1885, Martin Nadaud propose une loi concernant l’hygiène et la sécurité au travail dans les manufactures, usines, mines, chantiers et ateliers.

Caricature de Martin Nadaud par André Gill parue dans le numéro 85 de la revue Hommes d’aujourd’hui. © Archives Martin Nadaud / Mairie de Soubrebost (23)

Les Assurances sociales

Promotion de l’assurance sociale en organisation libre par la Fédération Nationale Catholique.

Les Assurances sociales sont instaurées en France entre 1928 et 1930, sur le modèle mis en place cinquante ans auparavant en Allemagne et en Alsace-Moselle, alors sous domination allemande. Les Assurances sociales représentent une extension considérable de la protection sociale, en raison du nombre de personnes prises en charge ainsi que par les domaines couverts.  Obligatoires pour la masse des salariés de l’industrie et du commerce, elles prennent en charge des risques couverts jusqu’alors par le mouvement mutualiste : maladie, décès, maternité. Les Assurances sociales sont financées par une contribution provenant pour moitié de l’employeur et pour moitié du salarié.

La Mutualité, grâce à ses milliers de mutuelles professionnelles ou locales (plus de 15000 en 1914) quadrillant tout le territoire, devient le principal organisme de remboursement des Assurances sociales. À travers les “caisses d’affinité”, les mutualistes participent activement à la gestion des Assurances sociales qui couvraient près de 16 millions de personnes en 1945.

Cette première forme de prévoyance obligatoire oblige la Mutualité à s’adapter. Elle devient un auxiliaire de l’État. Ses effectifs comme ses moyens augmentent considérablement, au prix d’un enlisement gestionnaire dans ce système très lourd. À la fin de la seconde guerre mondiale, les ordonnances d’octobre 1945, fondent un Régime de Sécurité sociale ayant vocation à rassembler l’ensemble des actifs, ce qui retire leur raison d’être aux SSM. Elles conservent cependant la part des remboursements maladie non couverte par les Caisses primaires et développent leurs établissements médicaux et sociaux.

Avec la création de la Sécurité sociale, le Code de la Mutualité (de 1898) se trouve profondément bouleversé. Refondu en 1945, il est à nouveau réécrit en 2001, afin de prendre en compte la libéralisation du marché européen des assurances.

Une histoire symbolique pendant la Grande crise

Le malheur des capitalistes peut faire le bonheur des mutualistes : en 1929, la conjoncture mondiale de crise met en difficulté le porcelainier Haviland, installé à Limoges. Ses exportations de porcelaine de luxe notamment chutent. Il est contraint de licencier et de vendre son usine du centre-ville au chausseur Heyraud, et son hôtel particulier à… l’Union des Sociétés de Secours Mutuels de la Haute-Vienne, présidée par l’ouvrier syndicaliste Jean Rougerie. Ironie de l’histoire : parmi les adhérents des SSM qui participent à l’Union Départementale figuraient  sans doute plusieurs ouvriers mis au chômage ou licenciés par Haviland.

Près d’un siècle plus tard, la Mutualité y siège toujours, et plusieurs de ses réalisations sanitaires et sociales également.

Hôtel particulier du porcelainier David Haviland (à gauche) avec l’usine en arrière-plan
Le même hôtel, siège de la Mutualité Limousine, aujourd’hui (cliché F.J 2022)

Vers un marché concurrentiel

En 1945, la création de la Sécurité sociale redéfinit les missions du Mouvement mutualiste, à qui revient la prise en charge des dépenses de santé non couvertes par le régime obligatoire. Les sociétés mutualistes exercent alors un monopole dans le champ de la complémentaire santé. La situation évolue à partir des années 1970 avec l’ouverture européenne du marché des assurances et la croissance des assurances mutuelles. Les compagnies d’assurance privées françaises se tournent vers le  “marché” de la complémentaire santé. Elles y grignotent la part des mutualistes (67 % en 1980, 60 % en 1990). La Mutualité et son éthique solidaire sont alors confrontées à une logique commerciale. Les assureurs privés opèrent une « sélection» par l’âge (tarifs en fonction de l’âge) au détriment des groupes mutualistes qui concentrent la population âgée plus consommatrice de soins. Favorisée par la réglementation européenne, la percée des assurances privées se poursuit au tournant du XXIème siècle.

La mutualité et l’assurance des biens : les assurances mutualistes ou mutuelles d’assurance

Les mutuelles d’assurance sont des associations de personnes assurant sans but lucratif contre certains risques. Créées d’abord sous forme de SSM, les sociétés non commerciales d’assurances réciproques, permettent notamment aux paysans, artisans et commerçants de faire face aux risques encourus dans leurs activités. Ces professions indépendantes participent ainsi à l’essor du mutualisme en s’associant pour créer des sociétés d’assurances mutuelles.

Les assurances agricoles mutualistes

Dans l’agriculture, on attribue la paternité des mutuelles d’assurances à l’action du toulousain Pierre-Bernard Barrau qui fonda sous le Directoire, en 1802, une société d’assurances réciproques contre la grêle. Né à Toulouse. Conçoit un système d’assurances contre la grêle en 1799 fonde une société d’assurances (Sociétés d’assurances réciproques)…

Par la suite, à l’initiative de propriétaires terriens et de notables ruraux, des compagnies d’assurances mutuelles contre l’incendie et les pertes de bétail verront le jour. La création en 1840 à Mions, dans la région lyonnaise, de la première mutuelle agricole « Incendie » est d’ailleurs considérée comme l’acte historique fondateur de ce qui deviendra, 150 ans après, le puissant groupement des compagnies d’assurances mutuelles agricoles, Groupama. En effet, dès 1900, un cadre législatif particulier avait été créé pour les Assurances Mutuelles Agricoles (AMA), afin de les différencier du secteur assurantiel lucratif traditionnel. C’est dans ce contexte qu’en 1909, à Javarzay (Chef-Boutonne) dans les Deux-Sèvres, lors d’un accident à une foire aux bœufs, des agriculteurs ont l’idée de créer une Mutuelle d’assurance couvrant la responsabilité des professionnels de la viande : la Mutuelle des Marchands de Bestiaux.

Les syndicats agricoles sont aussi partie prenante dans la mutualité agricole
Statuts de la société locale d’assurances mutuelles agricoles contre la grêle du hameau de Grèzes, commune de Carcassonne (1934). Archives départementales de l”Aude
Agence de Groupama 9 place Jourdan à Limoges
Buvard publicitaire des années 60 pour “Les Mutuelles Agricoles”

Les mutuelles d’assurance et le développement des villes

Immeuble Nivet, tableau de Paul-Laurent Courtot, exposé au musée des Beaux Arts de Limoges.

À partir du XIXe siècle, l’industrialisation entraîne l’exode rural et le développement rapide des villes qui deviennent de plus en plus salubres. En milieu urbain, dès les années 1820, parallèlement aux compagnies d’assurance capitalistes réservées à la clientèle fortunée, les mutuelles d’assurance se développent dans les classes moyennes, notamment contre le risque d’incendie, fléau des cités à cette époque.

À Limoges, en 1898, l’immeuble Nivet, siège d’une assurance mutuelle est détruit en même temps que les taudis du Viraclaud dans une opération de rénovation et d’assainissement du centre-ville.

Les assurances mutuelles automobiles, rôle des instituteurs militants

C’est grâce au réflexe à la fois politique et économique d’un groupe d’instituteurs des Deux-Sèvres et de Vendée qu’est créée la MAAIF (Mutuelle d’Assurance Automobile des Instituteurs de France) en 1934.

L’idée a très vite prospéré dans la France entière, prenant appui sur de nombreux enseignants qui s’en sont fait les relais militants. La MAAIF qui fonctionnait au départ avec des instituteurs bénévoles ouvre des délégations dans chaque département tout en restant une assurance sans intermédiaire. Ses assureurs-assurés inventent les imprimés de déclaration d’accident à l’amiable. Les instituteurs militants de la MAAIF vont faire de leur mutuelle une « couveuse » de mutuelles d’assurance pour de nouvelles catégories de sociétaires.

Sont successivement créées à Niort :

  • En 1950 : la MAAAF (Mutuelle d’Assurance Automobile Artisanale de France), pour garantir les artisans, les travailleurs indépendants, et professions libérales.
  • En 1960 : la MACIF (Mutuelle d’Assurance des Commerçants et Industriels de France).
  • Au début des années 70, la MAAIF devient MAIF qui assure alors les risques autres que ceux des  véhicules à moteur.
  • En 1974 : la SMACL (Société Mutuelle Accidents des Collectivités Locales) à l’initiative du Maire de Niort, l’instituteur René Gaillard.
  • En 1981, l’IMA (Inter Mutuelles Assistance) associe la MAIF, la MAAF et la MACIF.

D’autres instituteurs syndicalistes créent également en 1934 la GMF (Garantie Mutuelle des Fonctionnaires et employés de l’État et des services publics), société coopérative d’assurances mutuelles contre les accidents. Avec quatre autres sociétés (MAAF, MAIF, Macif et Matmut), elle crée en 1964 le Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurances, fort d’une cinquantaine de sociétés, qui intègrent la Fédération Française de l’Assurance, principal organisme de représentation professionnelle des entreprises d’assurances.

Création de la MAIF, 1934.
Réunion de fondation de la MAIF, janvier 1936.
Le nouveau Logo de La MAIF en 2019
Logo de la MAAAF en 1951, un an après sa création

Les services médicaux, médico-sociaux et sociaux fournis par l’ESS

Les structures de l’Économie solidaire, principalement associatives, assurent une part importante des services sociaux et médico-sociaux d’accompagnement des personnes : pour la préservation de leur autonomie, contre leur exclusion etc. Ce vaste champ d’activités répond aux besoins des personnes de tous âges malades, handicapées, dépendantes, en difficulté sociale. Plus de 800 000 personnes travaillent dans les 20 000 structures à but non lucratif françaises de ce secteur (chiffres CNCRESS 2016) regroupées en une association reconnue d’utilité publique, créée en 1947, l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss).

Les services de soins à caractère médical

Les pharmacies mutualistes, opticiens mutualistes etc.

Dès le XIXème siècle, les SSM prennent en charge non seulement les soins médicaux eux-mêmes mais couvrent également les fournitures et les préparations médicales (médicaments). Les unions mutualistes qui se constituent localement à la fin du XIXème siècle vont notamment créer au bénéfice de leurs sociétaires les premières pharmacies mutualistes. Celles-ci offrent des médicaments moins chers que ceux des officines libérales, lesquelles ont des réticences à négocier leurs prix et à contractualiser avec les SSM.

La première officine mutualiste est fondée en 1857 à Lyon dans un contexte spécifique. La pharmacie mutualiste est créée à l’initiative et avec le soutien financier du patronat soyeux, dont l’objectif est d’apaiser les relations avec leurs ouvriers, restées tendues depuis les mouvements insurrectionnel des années 1830.

A Saint Junien, en Haute-Vienne, la pharmacie mutualiste « l’Union mutuelle des coopérateurs » a été  inaugurée en 1937. Elle a été créée par les membres de la coopérative de consommation locale, l’Union Syndicale Ouvrière.

Pour en savoir plus : Être consom’acteur 

Comptoir de la pharmacie mutualiste l’Union mutuelle des coopérateurs (St Junien 87)
Devanture de la Pharmacie mutualiste l’Union mutuelle des coopérateurs (St Junien 87)
Magasin d’optique mutualiste à St Junien (87)

Des magasins d’optique et de matériels médicaux mutualistes ont été créés par la suite dans cette même lignée, ce qui se vérifie particulièrement à Saint Junien.

A  l’époque de l’USO le magasin servait de pharmacie. Actuellement, c’est un magasin d’optique mutualiste appartenant à l’Union mutuelle des coopérateurs.

Aujourd’hui, c’est toujours un magasin d’optique qui essaie de maintenir l’esprit coopératif, à mi-chemin entre le service public et le secteur privé lucratif.

Les établissements et cabinets médicaux de l’économie sociale et solidaire

Au sein de l’économie sociale, le mouvement mutualiste a été pionnier dans la création d’établissements de soins et de dispensaires spécialisés. comme l’établissement de soins Alfred Leune, plus que centenaire, de la Mutuelle des Enseignants (MGEN) à Sainte Feyre, en Creuse.    

Le mutualisme enseignant et la lutte contre la tuberculose

Jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la tuberculose décime les élèves et leurs enseignants. Ceux-ci créent une société nationale originale : l’Union des Sociétés de Secours Mutuels d’instituteurs et d’institutrices de France et des colonies, à l’origine du premier sanatorium mutualiste dans la petite commune de Sainte-Feyre (Creuse), inauguré en 1906 par Léon Bourgeois, ministre et théoricien du solidarisme. De nombreux enseignants tuberculeux venus de toute la France y seront soignés.

Alfred Leune (1857-1930)

Alfred Leune, inspecteur d’Académie du Pas de Calais puis président de l’Alliance internationale contre la tuberculose, lance un appel le 3 mai 1901 aux sociétés mutuelles pour s’unir dans la lutte antituberculeuse.  Les Sociétés de Secours Mutuels des instituteurs et institutrices (UNSSMI) fédèrent leurs énergies pour construire un sanatorium à vocation nationale.

Aujourd’hui, le sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse) est devenu un établissement de soins de suite et de réadaptation de la Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN), le Centre médical Alfred Leune. Reprenant les activités des multiples SSM d’enseignants, et leurs « œuvres », la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale est fondée en 1946 à l’initiative d’Henri Aigueperse, secrétaire général départemental de Haute-Vienne, et secrétaire général national du syndicat des instituteurs.

C’est en 1902 qu’est décidée la construction du sanatorium ; ce sera le huitième en France. Le choix du terrain s’arrête sur les pentes du Puy de Gaudy, un ancien oppidum gaulois près de Guéret. Cet ensemble de 17 hectares, situé à environ 500 m d’altitude, représente un lieu idéal de guérison pour diverses pathologies pulmonaires.

Jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la tuberculose décime les élèves et leurs enseignants. Ceux-ci créent une société nationale originale : l’Union des sociétés de secours mutuels d’instituteurs et d’institutrices de France et des colonies, à l’origine du premier sanatorium mutualiste dans la petite commune de Sainte-Feyre (Creuse), inauguré en 1906 par Léon Bourgeois, ministre et théoricien du solidarisme. De nombreux enseignants tuberculeux venus de toute la France y seront soignés.

Le sanatorium mutualiste de Sainte-Feyre, première moitié du XXe siècle
Vue générale, intérieur d’une chambre, espace de cure
Vue intérieure du centre de soins A. Leune aujourd’hui

Des soins à domicile par les associations et les mutuelles

Le secteur associatif ainsi que la Mutualité assurent une part importante des services de soins à domicile médicalisés permettant le maintien dans leur lieu de vie des personnes souffrant d’affections chroniques et handicapantes. Nombreuses sont en Limousin les structures de l’ESS effectuant ces divers types de soins, notamment infirmiers.

A Limoges, l’association « Soins et Santé » est un exemple caractéristique de cette branche sanitaire de l’ESS par son histoire à la fois locale et ancienne. L’association résulte de la reprise, en 1973, de cinq centres de soins créés au XIXe siècle par des congrégations catholiques. Leurs valeurs «humanisme, solidarité et engagement bénévole inspirent, aujourd’hui encore, ses activités de soins». A la fin des années 2010, cette association comptait 90 salariés pour environ 500 usagers.

Les structures de l’ESS dispensant en Haute-Vienne des soins médicaux à domicile :
Un centre de soins infirmiers de la Mutualité : «l’Union Mutuelle des Coopérateurs » à Saint-Junien (87)

Les Établissements d’Hébergement de Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD)

EHPAD Ernest Coutaud de la Mutualité Française Limousine à Peyrelevade (Corrèze)

Un EHPAD correspond à une maison de retraite dotée d’un service de soins, soins médicaux et d’assistance. Même si la plupart sont gérés par le secteur public (collectivités locales ou centres hospitaliers) ainsi que par le secteur privé lucratif, une part significative d’entre eux sont des réalisations de l’ESS (mutuelles, associations, fondations, voire même coopératives SCIC).

En 2020, on dénombre 120 EHPAD en Limousin (45 en Corrèze, 32 en Creuse, 43 en Haute-Vienne). 19 d’entre eux sont gérés par des organismes de l’ESS : 9 par des mutuelles, 7 par des fondations, 3 par des associations.

 

Les établissements et entreprises de services à caractère médico-social et médico-éducatif

Les services d’aide par le travail

ESAT Panazol (87) atelier automobile

Les services d’aide par le travail sont mis en œuvre par des associations sanitaires et sociales comme les Entreprises Adaptées (EA) ou les Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT). Ces structures ont pour mission d’intégrer les travailleurs en situation de handicap durablement dans l’emploi.

Ces structures permettent aux personnes ayant des capacités d’autonomie au travail inférieures à celles des personnes valides d’exercer une activité professionnelle. Les ESAT offrent un soutien médico-social et éducatif aux personnes accueillies, lesquelles bénéficient d’une protection sociale particulière et d’une rémunération garantie.

À l’ESAT de Panazol, partie intégrante d’une fondation abritant une diversité d’entités médico-sociales, les travailleurs en situation de handicap, accompagnés par des personnels médicaux, médico-sociaux en nombre, effectuent des travaux tels que le colisage, l’entretien d’espaces verts, la réparation mécanique etc. dans la perspective d’un projet de vie avec possible embauche par une entreprise.

Les établissements aux personnes handicapées

Centre La Saule à Bort-les-Orgues – Corrèze 19

L’Association des Centres Éducatifs de Haute-Corrèze créée dans les années 1970 par Jacques Chirac, alors député de la Corrèze, puis la Fondation qui lui succède, gère sur le plateau limousin un ensemble d’établissements pour enfants et d’adultes souffrant de handicaps.

En 2020, une vingtaine d’établissements comme celui-ci accueillent ou accompagnent 1200 personnes avec le concours de 830 salariés. Tous les âges et tous les degrés de handicap sont concernés.

 

Les établissements et entreprises de services à caractère social

De nombreuses structures, créées dans des domaines spécialisés notamment l’aide alimentaire ou l’habitat, ont élargi au cours du temps leur champ d’activité (insertion sociale, professionnelle…) pour répondre à de nouveaux besoins.

Les résidences habitat Jeunes

Elles proposent à des jeunes de 16 à 30 ans des solutions d’habitat social transitoire et un accompagnement. Ces « résidences » contribuent au processus de socialisation des jeunes, à leur insertion consciente et critique dans la société.

À Guéret, la résidence Jean Petit du Boueix gérée par la Fédération des Œuvres Laïques de la Creuse en est une illustration. Des activités sportives, culturelles, des sorties…, sont proposées aux résidents. Ces activités sont aussi ouvertes aux habitants de la ville.

L’association VARLIN PONT-NEUF a été créée en 1959 sous la gouverne du Père Lajoie, économe du Grand Séminaire de Limoges, sous le nom de Foyer Limousin de Jeunes Travailleurs. Il accueille des jeunes issus du milieu rural et venant travailler à Limoges alors dans la phase d’expansion économique des « Trente Glorieuses ». Une aile du séminaire est affectée à cette mission. En 1989, le projet de l’association est reformulé compte tenu des évolutions de la jeunesse et les besoins en matière d’habitat. Le Foyer rebaptisé Varlin Pont-Neuf élargit son projet aux actions d’insertion sociale et professionnelle des personnes en situation précaire et lance des activités socio culturelles liées à l’image. Il étend son activité dans les nouveaux quartiers populaires en périphérie de la ville, ouvre un garage solidaire destiné aux personnes en précarité dans une des zones d’activité de Limoges. Les valeurs soutenues par l’éducation populaire et l’économie sociale et solidaire servent de base à l’élaboration et au suivi du projet associatif de l’établissement.

Les services de restauration sociale

Les Banques Alimentaires

Dans tous les pays industrialisés, Les Banques Alimentaires répondent à l’urgence sociale par l’aide alimentaire en collectant, et partageant des denrées. 

Elles luttent contre le gaspillage des produits alimentaires pour nourrir celles et ceux qui sont dans le besoin. Leur action se fonde sur la gratuité, le don, le partage, le bénévolat et le mécénat ».

La mise à disposition, gratuite ou quasi-gratuite de ces denrées aux plus démunis, s’effectue par le biais d’associations intermédiaires partenaires.

En France, les Banques Alimentaires sont nées après la publication, en 1984, d’une tribune intitulée « J’ai Faim » dans le journal La Croix. La Sœur Cécile Bigo y dénonçait le scandale de la pauvreté qui cohabite avec le gaspillage de denrées alimentaires.

Selon la Fédération européenne des banques alimentaires, ce sont au total 1,6 milliard de repas qui ont été distribués en Europe en 2020, répondant ainsi aux besoins essentiels de 12,8 millions de personnes

Nouveaux bénévoles de la Banque alimentaire crédit photo La Croix (site Internet)

Sur le modèle des Food Banks américaines constituées en 1960, le premier réseau d’accompagnement alimentaire se constitue, sous l’impulsion de 5 associations : le Secours Catholique, Emmaüs, l’Armée du Salut, Entraide d’ Auteuil et Entraide protestante (Les Restau du Coeur ont leur propre collecte et banque alimentaire)

La Bonne Assiette
Bénévoles de La Bonne Assiette

De nombreux restaurants sociaux ou coopératifs ont existé depuis le XIXème siècle, s’adressant principalement à des publics ouvriers ou à des personnes en situation de précarité. La Bonne Assiette est une association créée en 1992 pour servir un repas chaud à toutes les personnes en difficulté de Limoges. Depuis trente ans, l’association a évolué pour rentrer dans le champ de l’insertion par l’économique. Devenue entreprise d’insertion, elle accueille en 2022 trois salariés en CDI sur un effectif total de 13 personnes.

Le restaurant social, en centre-ville, accueille plus de 100 bénéficiaires, midi et soir, tous les jours de l’année. La Bonne Assiette prépare et livre des repas à différents types de structures d’accueil. Un service traiteur est en cours de développement, principalement tourné vers les associations. L’association va faire évoluer son projet en créant en 2023 une structure commerciale en vue d’un projet social plus ambitieux.

Les entreprises sociales d’insertion par l’activité économique

Les entreprises sociales d’insertion existent depuis les années 1970 sous différentes appellations : entreprise d’insertion, association intermédiaire, chantier d’insertion, régie de quartier, etc. La plupart ont un statut associatif. Leur finalité est de proposer à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles, une activité productive spécifiquement adaptée et un accompagnement leur permettant de s’insérer professionnellement et socialement.

Le Réseau Alliage unit quatre acteurs importants de l’inclusion par l’activité économique en Haute-Vienne (Chantiers des Chemins Jacquaires, ATOS, AJIS 87 et ACTO insertion). Groupement majeur du département créé en 2019, le Réseau Alliage rassemble les divers types de conventionnement que peut prendre l’insertion par l’activité économique (IAE) La devise d’AJIS 87 « Bâtir pour se reconstruire » peut s’appliquer à l’ensemble du réseau qui propose à des particuliers, des entreprises ou des collectivités tous types de travaux effectués par les salariés qu’elle accompagne.

Entrée des chantiers Jacquaires, accueil
Locaux du réseau Alliage
Page d'accueil internet d’ATOS, entreprise d'insertion.

La boîte à papiers : une activité sociale innovante

La boîte à papiers, association  créée à Limoges en 1990 par  quelques amis bénévoles de la Société St Vincent de Paul et deux personnes au chômage du quartier de la Mairie, organise une collecte des vieux papiers au domicile des Limougeauds.

Au sein de l’association devenue entreprise en 1998, petit à petit, une gestion des déchets en pleine évolution permet, en partenariat avec les collectivités, de créer de vrais postes de travail, de lancer de nouvelles activités (gardiennage de déchetterie, centre de tri des déchets recyclables, collecte des déchets médicaux, démantèlement des équipements électriques et électroniques … etc). La boîte à papiers, comme l’ensemble des associations intermédiaires, chantiers et entreprises d’insertion, concourt à promouvoir une économie solidaire, au service de l’homme et d’un développement durable.

En 2025, la structure emploie 140 salariés dont 55 en contrat d’insertion professionnelle.

Présentation de La Boîte à Papiers de 2014 réalisé par TéléLim pour Le Fond Social Européen

Ateliers de tri de La boîte à papiers
Véhicules de ramassage (La boîte à papier)

Les Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS)

Les MECS sont les établissements qui ont pris le rôle anciennement dévolu aux orphelinats. Les enfants et adolescents hébergés, accompagnés et scolarisés sont confiés aux MECS par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance ou ceux de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.

Les MECS appartenant à l’ESS sont des associations ou des fondations privées. Les autres sont des établissements publics relevant de la compétence des Conseils départementaux.

La Maison d’enfants Les Monédières, créée en 1970 par la fondation Claude Pompidou à Treignac (Corrèze), héberge et accompagne l’éducation d’environ 80 jeunes. L’établissement qui est géré par une association dispose d’une école hôtelière (lycée professionnel).

Maisons d'Enfants à Caractère Social des Monédières au Centre Claude POMPIDOU
Atelier de l’Ecole hôtelière
MECS Pierre Sauvage à Limoges, gérée par l’ARSL (Association de Réinsertion Sociale du Limousin)

Les services à domicile et de maintien à domicile

Ils constituent la part la plus importante (autour de 70%) du vaste secteur des services sociaux d’aide et de maintien à domicile des personnes âgées et handicapées et sont assurés par des structures de l’Économie Sociale et Solidaire, notamment associatives. Beaucoup de ces associations offrent également des services à domicile à tous les particuliers (garde d’enfant ou travaux de bricolage, par exemple).

Créée en I960, l’Association D’aide aux Personnes À Domicile  (ADPAD), contribue au maintien à domicile des personnes dépendantes et offre également des services à domicile ou d’entretien de la maison à toute personne demandeuse. 800 intervenants auxiliaires et assistants de vie, aides ménagères etc. œuvrent auprès de 4 000 personnes sur le département de la Haute-Vienne.

La Mutualité Française Limousine conjugue l’action de sa filiale associative, A Dom’Limousin, pour proposer en Corrèze et en Haute-Vienne ses services d’aide aux personnes dépendantes, aux familles en difficulté sociale et aux particuliers en général.

Les associations de secours

LA CROIX-ROUGE

La Croix-Rouge française est directement issue de la « Société française de secours aux blessés militaires », créée en 1864 par Henry Dunant, homme d’affaires humaniste, fondateur du Comité international de la Croix-Rouge à Genève (Suisse). Son objet initial se cantonnait aux soins des soldats victimes des guerres modernes. Avec un champ d’actions élargi au social et à l’aide humanitaire, l’association, reconnue d’Utilité publique, prendra son nom actuel en 1940. Elle fait aujourd’hui partie des 192 sociétés nationales du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge.

Ses missions fondamentales sont désormais l’urgence, le secourisme, l’action sociale, la formation, la santé et l’action internationale. Elle compte en France plus de 70 000 bénévoles et 17 000 salariés. Son réseau est constitué de près de 1 100 implantations locales, 108 délégations départementales et territoriales et plus de 630 établissements sociaux, médico-sociaux et sanitaire (chiffres Croix-Rouge 2023)

Infirmière de la guerre de 1914-18
maraude en ville
Accueil de la Croix-Rouge
LE SECOURS CATHOLIQUE

Le Secours Catholique est un service de l’Église catholique créé en 1946 par l’abbé Jean Rodhain en soutien aux plus fragiles sur le territoire français. L’association, qui est en lien avec le réseau mondial Caritas Internationalis, intervient également dans plus de 52 pays et territoires.

Les grands axes d’intervention sont l’aide alimentaire, la lutte contre l’isolement, les cours de français, les projets de vacances… Lutter contre toutes les formes de pauvreté pour construire ensemble un monde juste et fraternel.

En France, le Secours Catholique couvre l’ensemble du territoire, grâce à ses 2800 équipes locales réparties en 72 bureaux locaux appelés « délégation ». Plus de 58 500 bénévoles et 925 salariés ont accompagné 1 060 000 personnes (Rapport d’activité 2023)

Depuis, en écho à l’encyclique Laudato si’, le Secours catholique s’est fortement mobilisé en réponse à la crise socio-environnementale, en vue d’une transition écologique juste avec programme “ensemble , bien vivre, bien manger”, Fraternibus, Territoires zéro chômeurs ou la convention avec l’Agence française de développement.

La Délégation du Secours Catholique en Limousin s’étend sur les départements de Creuse, de Corrèze et de Haute Vienne. C’est l’une des 73 délégations du Réseau Caritas National avec 640 bénévoles et 7 salariés qui font vivre la solidarité au quotidien dans les 42 équipes locales.

Le fraternibus permet d’aller à la rencontre des gens dans les villages isolés entre Aubusson et Châteauneuf la Forêt. Les projets de jardins partagés à Brive La Gaillarde, Ussel et Aixe-sur-Vienne permettront de produire des légumes pour mieux se nourrir ; les cours de français, individualisés à Saint Junien, apportent avec les cours un véritable parrainage d’accueil. Toute participation réussie développe le pouvoir d’agir des personnes concernées et enrichit les actions de l’expertise des personnes concernées en premier lieu par la pauvreté.

Vestiaire du Secours catholique (source : Lanion-Plemeur...)
LE SECOURS POPULAIRE
Son slogan : « Tout ce qui est humain est nôtre »

Créée pour faire vivre la solidarité en permettant à chacun de s’émanciper dans une démarche d’éducation populaire, c’est la première association d’action sociale française en termes de bénévoles : 90 000 en 2023, répartis en plus de 660 comités locaux.

Né en 1945 et enfant de la Résistance, le Secours populaire français est l’héritier de mouvements antérieurs comme le Secours Rouge dont il a conservé les valeurs (notamment l’accueil des réfugiés ou la solidarité aux victimes des injustices sociales et des calamités naturelles) tout en évoluant vers une association généraliste de la aux victimes des injustices sociales et des calamités naturelles) tout en évoluant vers une association généraliste de la solidarité « libre de toute affiliation partisane ou tutelle de toute sorte ».

Son financement indépendant est assuré par les dons récoltés (30 millions d’€ en 2018). par ses bénévoles. L’association assure un accueil inconditionnel des personnes , quelles que soient leurs opinions religieuses, politiques ou philosophiques: près de 3,3 millions de personnes ont été secourues en 2018.

Après le traumatisme de la guerre, le Secours populaire s’investit dans les vacances, Noël et les personnes âgées.

L’association soutient les grévistes et victimes des répressions politiques, puis dans les années 1980 développe de nouvelles formes de solidarité dans ses permanences d’accueil et ses « Points jeunes ». Elle organise les « Libres services alimentaires », l’accès aux soins, l’accès aux vacances, l’accès à la culture pour tous. L’association favorise la participation des personnes aidées dans un souci de refus de l’assistanat.

Epicerie solidaire
L’ENTRAIDE PROTESTANTE

Après la Libération de 1945, se créent plusieurs associations diaconales qui vont former en 1984 l’Entraide Protestante fédération nationale (EPfn). Elle s’élargit à d’autres organisations caritatives protestantes pour former en 1998 la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP), reconnue d’utilité publique.
Enfants parrainés par l’Entente protestante à Madagascar

La FEP regroupe aujourd’hui 370 associations et fondations dont certaines sont bien connues: CIMADE, Armée du Salut, Fondation Jonh Bost, Maison de santé Bagatelle…

La paroisse de l’Église Protestante Unis de Limoges (rue de la Réforme) abrite dans ses locaux un service de l’Entraide modeste mais actif. Il propose une aide matérielle à des étudiants ou à des familles et soutient des activités au Foyer Anne Dominique (Fondation John Bost) à Nexon (87) qui accueille des handicapés adultes. Il parraine aussi des enfants orphelins dans deux établissements à Madagascar.

LES RESTAURANTS DU COEUR (Restos du Cœur)
Son slogan : On compte sur vous

Cette association, créée en France en 1985 par l’humoriste et comédien Michel Colucci (dit Coluche) a bénéficié d’une large médiatisation qui lui a permis d’attirer de nombreux bénévoles et de faire avancer la législation dans son champ d’action.

Les Restos du Cœur se composent de 112 associations départementales et offrent 2333 lieux d’accueil; ils comptent plus de 73 000 bénévoles réguliers et plus de 20 000 occasionnels (rapport d’activité 2022-2023).

L’aide alimentaire aux personnes en difficulté a été prolongée par une action d’accompagnement de ces personnes vers l’autonomie : Les Relais du Cœur qui se déclinent en Jardins des Restos du Cœur, Ateliers des Restos du Cœur, Relais Bébés du Cœur, Restos Bébés du Cœur, Toits du Cœur , Péniche du Cœur, Tremplins du Cœur. Leurs missions sociales concernent le logement et l’hébergement, l’emploi (chantiers d’insertion, soutien à la recherche d’emploi) , l’aide aux SDF, l’aide à la personne (vestiaire, coiffure), l’accès au droit, et à la justice, l’accompagnement scolaire, l’accès à la santé…

Coluche, lors d’une conférence de presse au parlement européen (1986)
MOUVEMENT EMMAÜS

Emmaus 87

Le Mouvement Emmaüs est un ensemble d’associations et de groupements de solidarité présents dans 41 pays. La première Communauté Emmaüs d’inspiration initialement chrétienne a été fondée en 1949 en région parisienne. Les divers groupes Emmaüs actuels, en France et à l’étranger, 300 au total en 2023, n’ont plus d’attache religieuse et ont pour objet la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. La majorité d’entre eux ont une activité économique, souvent basée sur la récupération et le réemploi. Emmaüs déploie une importante activité d’insertion sociale par l’emploi. (3000 salariés en insertion pour Emmaüs-France). Certains groupes Emmaüs pratiquent également l’agriculture et le micro-crédit.

Les «communautés Emmaüs» sont le type de groupe Emmaüs le plus répandu, tant en France que dans le reste du monde. Ces lieux d’accueil, de vie, de travail et de solidarité pratiquent la récupération, la remise en état et la revente de matériaux reçus en dons.

Les personnes accueillies, de façon inconditionnelle et pour une durée indéterminée dans les communautés, sont appelées «Compagnons d’Emmaüs».

Emmaüs Solidarité (anciennement dénommée Association Emmaüs) est une association laïque reconnue d’intérêt général créée en 1954 par Henry Grouès dit l’abbé Pierre (1912 -2007). Elle est une des plus importante structure du Mouvement Emmaüs.

Mouvement Emmaüs – logo international

Créé en 1985, Emmaüs France qui compte 38 000 membres, regroupe les 175 groupes Emmaüs français, dont 125 communautés (chiffre 2024).

Emmaüs International a été créé en 1971 pour regrouper l’ensemble des 425 organisations locales à travers le monde, soit 45 000 membres. Les axes d’actions solidaires à l’international concernent le droit (accès) à l’eau, la santé, la finance éthique, l’éducation, les migrations internationales …

Boutique Emmaüs 87 à Limoges - façade
Communauté Emmaüs de La Ribière à Saint Priest Taurion (87)
intérieur boutique Limoges Emmaüs 87 (vue partielle)
intérieur boutique Limoges Emmaüs 87 (vue partielle)

Les associations famillales

L’objet principal d’une association familiale est de défendre l’ensemble des intérêts matériels (accès au logement, à l’éducation, aux structures sportives et culturelles…) et moraux (défense des valeurs éducatives) des familles. Son statut est défini par le Code de l’action sociale et des familles (CASF).

Par famille, il faut comprendre les couples mariés, pacsés, en concubinage avec ou sans enfant(s) par filiation, adoption ou tutelle légale.

Les principaux rôles d’une association familiale :

Une association familiale a la capacité d’intervenir auprès des pouvoirs publics, notamment dans le cadre d’une adhésion à l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF). Chaque association peut se constituer en fonction de différents critères, appartenance à une religion (catholique, protestante…), défense d’un idéal laïque, soutien contre une maladie ou un handicap, situation familiale particulière (familles monoparentales), présence dans une entreprise (familles du personnel), localisation sur un territoire précis.

1945, L’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF)

En 1945, face à une situation démographique critique, le Gouvernement provisoire de la République prend des mesures en faveur des familles, en créant les Unions départementales des associations familiales (Udaf) et l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Partout en France, ce maillage associatif permet encore aujourd’hui aux familles de trouver des réponses à leurs besoins et de s’engager pour les partager avec d’autres familles.
  • 100 Unions départementales et 12 Unions régionales (créées en 1986)
  • 73 mouvements familiaux nationaux
  • Plus de 8000 salariés (Équivalent temps plein)
  • 5838 associations locales
  • Elle publie une revue thématique et trimestrielle Réalités familiales

(Source : rapport d’activité 2024)

UDAF HAUTE-VIENNE 87

Institution engagée avec et pour les familles depuis 1945, l’Udaf 87, est le porte-parole officiel des 281 000 familles (source INSEE 2018) du département auprès des pouvoirs publics. Elle emploie 107 salariés et délègue 76 représentants familiaux bénévoles dans les différentes instances concernées par les questions familiales. Elle regroupe 34 associations familiales et porte 10 services et actions en direction des familles et des personnes vulnérables.

Membre de l’Unaf elle fait partie de l’Union Régionale Nouvelle Aquitaine (Uraf).

Parmi tous les mouvements familiaux, 7 Associations « à recrutement général » qui déclarent s’adresser à toutes les familles ont une place particulière dans les instances de l’Unaf et seront présentées par ordre du nombre de familles adhérentes.

Les associations familiales à recrutement général :

  • Confédération nationale des associations familiales catholiques
  • Confédération Syndicale des Familles
  • Familles Rurales
  • Familles de France
  • Union des Familles Laïques  (UFAL)
  • Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL)
Familles Rurales

Familles rurales agit sur tout le territoire, en milieu rural et périurbain.

Créé en 1943, le mouvement Familles Rurales se fonde sur le principe de l’entraide entre les familles. Pendant la guerre, des familles se constituent en associations afin d’améliorer leurs conditions de vie et promeuvent une solidarité entre ville et campagne : colis de nourriture et accueil d’enfants. Après la guerre, de nouvelles activités se mettent en place : le service aux familles, le prêt d’appareils ménagers ou encore les « ruches » qui correspondent aux actuels accueils de loisirs.  Afin d’aider les femmes dans la gestion quotidienne de la maison, le mouvement lance les « comptes de la ménagère ». C’est aujourd’hui le premier mouvement familial associatif de France.

1943 – 2023 : logo du 80 ème anniversaire
En balade avec Familles rurales
La Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC)

Atelier en famille organisé par une AFC

La Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC)   regroupe les associations familiales catholiques (AFC) et se réfère explicitement à la doctrine sociale de l’Église catholique. Depuis 1997, une Fédération existe au niveau européen (FAFCE)

Les premières associations d’inspiration catholique naissent au moment de la Séparation des Églises et de l’État en 1905 et se regroupent en 1911 au plan national avant de créer une Confédération nationale en 1955 (CNAFC)

Familles de France

Familles de France est la Fédération nationale des associations locales et régionales des associations familiales Familles de France. Elle est créée en 1947 et se reconnaît issue de la Fédération nationale des familles nombreuses créée en 1921 et reconnue d’utilité publique en 1935. Elle fusionne avec l’association La Plus Grande Famille créée en 1918 (familles de 5 enfants au moins) et la Confédération Générale des Familles liée aux œuvres sociales de l’abbé Jean Viollet à Paris. Elle prend le titre de : “Fédération des Familles de France du jeune foyer à la famille nombreuse”.

Le Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL)

Le Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL) est une fédération d’associations familiales laïques, fondée en 1967 par André Fortané (1915 – 2009), issu du syndicalisme paysan et animateur de coopératives ouvrières.

La Confédération Syndicale des Familles (CSF)

La Confédération syndicale des familles, née en 1959, est héritière des Associations familiales ouvrières (AFO) créées en 1946 à partir des actions d’entraide vécues par les familles ouvrières. En 1998, la CSF a absorbé le Comité national des associations populaires familiales syndicales (CN-APFS) et se rattache alors au mouvement familial. La CSF agit collectivement avec les familles dans un objectif d’éducation populaire, en leur demandant d’être partie prenante de l’action.
Logo des 70 ans de la CSF
Photo de la CSF de Limoges (87)
La Fédération nationale des associations familiales protestantes

Les premières AFP naissent vers 1875 à Montbéliard, Belfort et Mulhouse en lien avec l’industrialisation et les courants protestants du christianisme social. La Fédération Nationale (FNAFP), née en 1941, regroupe plus de 200 associations.

Après un fort développement au sortir de la 2e Guerre mondiale, les AFP déclinent dans les années 1970 avant de vivre un « réveil » sous la présidence de Pierre-Patrick Kaltenbach (1975 – 2013) et sous une double influence :

  • l’apport intellectuel des Colloques de Fontevraud (Jacques Ellul, France Quéré, Jean-François Mattei…)
  • l’arrivée à partir des années 1990 de nouveaux acteurs venus des Eglises protestantes évangéliques
L’Union des familles laïques (UFAL)

L’UFAL est créée en 1988 par André Fortané, alors président du Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL), afin de maintenir une ligne laïque plus radicale.

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